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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 09:56

Les élections locales ont vécu, par-ci par-là  elles ont charrié joie ou tristesse. Se sont dissipées les craintes d’un scrutin au regard d’une précampagne et d’une campagne où la violence a parfois été au rendez vous. Les urnes ont parlé et les lectures se sont le plus focalisé, au-delà de la razzia de la coalition taxawu Dakar et de la chute de certaines pontes du pouvoir ou de l’opposition, sur le faible taux de participation qui semble créditer le fait que les citoyens ont tourné le dos aux hommes politiques. Le taux important de bulletins blancs à Touba a suscité aussi  la curiosité des analystes. Le calme olympien du peuple et son sens civique du devoir ont retenu mon attention et me paraissent participer à la consolidation de la démocratie. Cette démocratie est aux aspirations populaires ce que le lien ombilical est entre la mère et l’enfant. Elle est une sève nourricière.

La démocratie s’accorde le devoir de faire participer  les citoyens à la gouvernance, elle donne aux fils et fille de la cité,sans discrimination,  l’occasion d’apporter leurs pierres à la  construction et la consolidation de l’édifice qui les réunit. La démocratie fédère autour du respect de la volonté  générale qui a une grande portée. Souvent assimilée à une vérité normative  cette volonté générale s’exprime dans l’espace et dans le temps mais ne doit servir à écraser  la minorité au contraire elle doit lui donner l’occasion de pouvoir s’exprimer. Convoquons au souvenir cette fameuse  sortie de Mme Simone Veil à des opposants à l’avortement : « Vous avez tort parce que vous êtes minoritaires » est symptomatique de la manière cavalière dont la majorité use de sa force pour museler ceux qui ont eu tort ou la malchance de n’être pas de son coté

Par devoir et non par obligation la cohérence voudrait que tous les participants au jeu acceptent les règles fixées en amont et le verdict qui en en sort en aval. Ce qui se passe actuellement à saint louis où au soir du scrutin deux principales coalitions en lice crient chacune victoire et la lenteur de la proclamation officielle n’est pas une image reluisante de la démocratie. Le ouf de soulagement m’est venu de Ziguinchor.   L’image du duel sans merci que se livrent les adversaires politiques au cours d’une campagne électorale s’embellit de l’acceptation au soir du scrutin du verdict issu des urnes par tous les protagonistes et le peuple éternel courtisé. Cette logique  soumet la volonté minoritaire à celle majoritaire. Quand j’ai vu sous la présence massive du peuple témoin, vainqueurs et vaincus se congratuler à Ziguinchor, quelle image !

Pourtant le plus souvent les choses ne se passent pas comme prévu et des contestations peuvent surgir et gripper l’acceptation de la volonté populaire dite majoritaire. Cette fugue de la minorité n’est pas une remise en cause des principes mais des pratiques nébuleuses qui l’affectent le plus souvent et qui sont le fait des acteurs du jeu.

Les vainqueurs gouvernent et les vaincus s’opposent .

La mise en garde d’un électeur à un conseiller fraichement élu ,l’invitant à un ancrage aux valeurs de la constance et de la fidélité aux principes a attiré mon attention .En effet là aussi on dénonce pour pouvoir négocier des fauteuils, ce qui fait que cette éminente règle d’éthique qui devrai apporter plus de lumière au jeu perd de sa saveur par le truchement de majorité qui s’étire par le biais de greffage qui élargit ou de minorité  qui se rétrécit par le truchement du débauchage ou de la transhumance !

Cette démocratie du peuple par le peuple et pour le peuple qui tire sa légitimité de l’expression plurielle émise dans les urnes par le peuple pose de sérieux problèmes,car au delà du processus ou de la procédure ayant aboutit à l’octroi de cette légitimation formelle gage de confiance , il urge de s’interroger sur la légitimation sociologique. En effet le peuple qui vote ne représente le plus souvent rien face au peuple qui s’abstient et celui réel. Le désintéressement de la majorité des citoyens de la chose politique s’accroit toujours et fait dégringoler les taux de participation aux élections. Ayant perdu confiance aux projets de société, aux programmes et aux hommes qui les incarnent…qui sont tous mis dans le même sac,  le peuple ôte au système sa base principale : l’assise populaire : La démocratie sans le peuple perd tout son sens et sa substance !

Il ne s’agit pas de rendre le vote obligatoire mais de travailler à faire que les citoyens se l’approprient .La démocratie doit rester une œuvre populaire et non populiste, qui donne aux citoyens les clés et moyens de choisir ou de défaire ceux qui aspirent à gérer leurs biens par la voie légale !

                                                 Souleymane Diouf

                                                Opinions citoyennes

                              

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Published by souleymane diouf - dans culture et politique
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